Billet d’humeur : SUV qui pue !



SUV qui pue !

Dernier-né de Rolls-Royce, le SUV Cullinan cumule les premières; Inédit, la présence d’une banquette arrière rabattable, d’un hayon ou de quatre roues directrices. Autre innovation, une transmission intégrale conçue par la maison mère BMW avec ce qu’il faut de béquilles électroniques pour faire grimper aux arbres un véhicule de 2,6 t et le faire descendre avec la plus parfaite placidité. “Une Rolls-Royce est d’abord un objet de désir, mais le Cullinan est une voiture dont les clients vont avoir besoin pour leur famille, parce qu’elle s’adapte à leurs loisirs ou que l’on peu y faire grimper le chien, “explique un porte-parole de Rolls-Royce.”

Ainsi commence l’article le plus stupide, le plus complaisant jamais lu en quarante années de fréquentation assidue du quotidien Le Monde.

Plus exactement, publié dans son supplément du samedi, dégoulinant de pubs de luxe et de papiers cencés humer l’air consumériste de notre temps.

Donc, même Rolls-Royces est atteint par le redoutable virus SUV… SUV pour Sport Utility Véhicle, dérivédes utilitaires 4×4, haut sur pattes et puissante motorisation, relooké en véhicule soi-disant tous usages et tous terrains, soi-disant urbain et familial.

Alors que l’on a besoin de concevoir des véhicules très légers, modulables, très sécurisants pour tous, réparables, sobres en énergies-renouvelables-et en matières premières, les SUV représentent exactement l’inverse.

Certains dépassent les 2 t à vide, leur motorisation est aussi surpuissante que boulimique et la surélévation du véhicule favorise l’insécurité en cas de percussion à hauteur d’assise plutôt qu’au niveau du bas de casse.

 

Or, malgrè l’évidence de cette inadaptation aux errements écologiques de ce monde, le virus du SUV, subtilement inolé par d’habiles campagnes de com’, s’est répendu sur la planète entière plus rapidement que la grippe aviaire ou les fast foods.