Enquête habitat léger : L’habitat léger sort du bois

Habitat léger

Écologique et économique, l’habitat léger sort de la marge et attire de plus en plus depuis 2010. La récente loi engagement et proximité barre pourtant le chemin. Pistes et stratégies pour obtenir ou “s’arranger” avec une autorisation en bonne et dûe forme.

Je vis en yourte dans cette forêt depuis douze ans. J’entends les feuilles glisser dessus. Je puise l’eau du ruisseau pour boire. Je coupe du bois pour me chauffer. Des panneaux solaires alimentent la lampe et la radio. J’ai prévenu la mairie à mon arrivée. Elle me tolère. Je suis intégrée, je me nourris des légumes du jardin de ma voisine en échange de travaux dans ses champs. Si on ne se laisse pas envahir par le monde, on est connecté ! », se réjouit Pimprenelle, 54 ans, habitante d’un bois du Tarn.

Un million de Français ont choisi l’habitat léger et réversible d’après les chiffres 2013 du ministère du Logement. La diversité des profils est vaste. Notre enquête révèle une majorité d’habitants très sensibles à l’écologie, voire survivalistes, éduqués, voire très éduqués, et socialement bien intégrés, avec emploi salarié ou activité indépendante. Les « petits habitats » eux-mêmes s’avèrent hétérogènes, de la yourte plutôt visible en campagne ou montagne à la tiny house urbaine ou péri-urbaine, en passant par la roulotte champêtre, le dôme et le zome architecturaux, la kerterre bretonne ou le tipi forestier.

On retrouve cette diversité dans les prix. Une kerterre peut s’autoconstruire gratuitement avec de la paille et de la terre, une yourte s’autoconstruit pour une somme modique ou s’achète autour de 3 000 € pour 20 m2. 15 000 à 25 000 € la roulotte de 18 m2 en bois, 13 000 € le dôme de 20 m2, 50 000 € la tiny de 20 m2. L’éventail fluctue suivant le constructeur, la taille, les matériaux, la part d’autoconstruction (accompagnée ou non), etc.

Une loi vidée de sa substance

L’État reconnaît ce mode de vie depuis la loi Alur du 24 mars 2014. Elle a notamment créé la notion de « résidence démontable » ainsi que la possibilité pour les collectivités d’instaurer dans leur Plan local d’urbanisme (PLU) – en zone agricole ou naturelle – des terrains dédiés, les Stecal, pour accueillir les habitats légers. En réalité, ces zones ne sont répertoriées nulle part.  D’après l’association ardéchoise Les Hameaux légers, seuls trois à dix PLU en sont pourvus dans l’Hexagone. Dans ces conditions, où s’installer ? Est-il obligatoire de n’être que toléré, discret, à la marge ? Plusieurs stratégies sont possibles. La première : déclarer son habitat léger, avec une demande de permis d’aménager pour une résidence démontable de plus de 40 m2, ou une déclaration préalable de travaux en-dessous de 40 m2. […]

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Retrouvez cet article dans le Hors-série n°13 : A-t-on vraiment besoin de logements si grands ?

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